La Banque du Canada voit des risques accrus de crash du logement alors que la dette grimpe

Le risque d’une forte correction des prix des maisons est «élevé», ont déclaré mardi les décideurs de la Banque du Canada depuis Ottawa dans leur revue semestrielle du système financier, laissant la note inchangée par rapport au rapport de juin. La banque centrale utilise cinq niveaux de risque allant de faible à très élevé, le niveau élevé étant au milieu.

Selon le rapport, les niveaux d’endettement élevés des familles plus jeunes ayant moins d’actifs augmentent le risque de déséquilibres en matière de logement. Le rapport a réitéré l’opinion du gouverneur Stephen Poloz selon laquelle le risque d’accident est faible et devrait être évité à moins d’une grave récession et d’importantes pertes d’emplois.

«L’activité du logement devrait se stabiliser parallèlement à la croissance économique, alors que le moteur de la croissance économique passe des dépenses des ménages aux exportations hors ressources», a déclaré Poloz dans un communiqué de presse, qui sera suivi d’une conférence de presse à 11h45.

«Certaines vulnérabilités sont encore légèrement plus élevées, mais les récents changements apportés par les autorités canadiennes aux règles de financement hypothécaire aideront à atténuer ces risques à l’approche de 2016», a déclaré Poloz. Les modifications aux règles font référence à la décision prise vendredi par le ministre des Finances, Bill Morneau, d’augmenter les exigences de mise de fonds hypothécaire sur les maisons d’une valeur comprise entre 500 000 $ CAN et 1 million de dollars canadiens.

La banque centrale a supprimé une estimation antérieure de 10 à 30 pour cent de surévaluation des prix des logements.

L’autre risque élevé reste les perturbations dues à un marasme en Chine et dans d’autres marchés émergents. Les décideurs politiques ont également déclaré qu’il existe un risque modéré de hausse des rendements exigés par les investisseurs obligataires mondiaux.

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Il y a des signes que le fardeau de la dette totale des ménages du Canada peut également être dangereux. La part des ménages endettés ayant des obligations dépassant 350% du revenu brut est passée de 4% à 8% avant la crise mondiale, a indiqué la Banque. La dette à ce niveau augmente le risque de non-remboursement du prêteur.

Outre les risques, la Revue du système financier expose les «vulnérabilités» et indique que l’endettement des ménages est élevé et en hausse.

Poloz a décrit la semaine dernière des règles qui pourraient lui permettre d’offrir plus de stimulus si l’économie fait face à un autre choc, affirmant qu’il ne s’attend pas à en avoir besoin. Ces outils incluent la capacité de ramener son taux directeur à moins de 0,5%, des achats d’actifs majeurs connus sous le nom d’assouplissement quantitatif ou des prévisions sur les taux d’intérêt futurs. Poloz a déclaré que son objectif principal en faisant cette annonce était de mettre à jour les politiques qui ont été initialement énoncées pendant la crise financière mondiale et qui n’ont jamais été utilisées.

De tels changements sur le marché obligataire depuis la crise financière mondiale ajoutent une autre vulnérabilité pour le Canada, a déclaré aujourd’hui la banque: le risque d’un gel des marchés obligataires avec plus de dette étant perçu comme plus difficile à négocier.

Les risques liés au logement et à l’économie mondiale soulignent la tension derrière les deux baisses des taux d’intérêt du gouverneur Stephen Poloz à 0,5% cette année, visant à relancer la 11e plus grande économie du monde à partir d’une baisse des prix du pétrole.

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La majeure partie du risque lié au marché du logement semble être concentrée à Toronto et à Vancouver, où les prix des maisons unifamiliales individuelles ont bondi au-delà de 1 million de dollars canadiens. Les prix des maisons ont chuté cette année dans les villes albertaines de Calgary et d’Edmonton, touchées par la baisse des prix du pétrole brut, et les gains ont été plus modestes dans la plupart des autres régions du Canada.

La dette des ménages canadiens a atteint un autre record au troisième trimestre, ce qui explique pourquoi les décideurs redoublent d’efforts pour limiter les risques d’effondrement du marché immobilier du pays. La dette sur le marché du crédit, y compris les prêts hypothécaires, représentait 163,7% du revenu après impôt, en hausse de 1 point de pourcentage par rapport au deuxième trimestre, a déclaré lundi Statistique Canada à Ottawa.

Le fossé entre un marché immobilier chaud et la faiblesse ailleurs pourrait se poursuivre, le pétrole brut chutant à 35 $ le baril cette semaine et le dernier déficit commercial du Canada de 2,76 milliards de dollars canadiens en octobre plus important que tout économiste ne l’avait prévu. Encana Corp. a réduit lundi son dividende de 79% et ses dépenses et ses plans de production pour 2016.

Actualités Bloomberg
Greg Quinn

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